Deux arbres dressent des rouflaquettes à son fronton. De petits pavés le ceinturent comme une bibliothèque muette. Sa pierre est aussi haute et dorée que celle de l'église qui la jouxte. À la fois coin de rues et angle de quais, à certaines heures d'été, un rose extrait des Vosges le signe singulièrement. Des hommes, des femmes en robes sombres et longues un peu ridicules tout le jour y fourmillent. Ils pratiquent plus ou moins savamment l'art de la langue bien pendue et, jadis, en jaillissaient hirsutes des guillotinés sinon de vrais pendus. Sa face a des colonnes et des assises nationales et républicaines. Rome n'est jamais très loin ni son latin religieux aussi moralisateur que vindicatif. La honte, la joie, le réconfort ou l'infamie. Quoi, même de nuit, sa façade est illuminée comme une vestale institutionnelle assise sur un cheval de marbre j'ai nommé, le décrivant photographique alors qu'il faut bien dire on ne le voit quasiment plus. LÀ LE PALAIS DE JUSTICE DE STRASBOURG !
VAGUE DE PAPIER SUR LES CORRESPONDANCES ÉLECTRIQUES
Tout a une faim. Et j'ai une bonne demi-douzaine de chiens aboyant-famine aux crocs longuement plantés dans mes mollets. Je suis en colère. Contre moi-même. Je passe mes jours dans la jungle électrique à retourner ma tête dans tous les sens ; le mot de torticolis n'ayant plus le moindre sens pour un cortex défaisant sans trêve la nasse grise de ses méandres. Je vais rentrer sous ma tente. Et peu importe que j'y découvre un désert plutôt que des tentures achéennes et des coussins moelleux… Il n'y a plus de secret. Je dois retourner mes miroirs et entrer méthodiquement dans la nuit. Depuis quelques mois déjà, les espions de La Société Universelle de la Fiction enquêtent sur mon sujet. Leurs rondes silencieuses ont porté leurs pas jusque dans mes rêves sourcilleux, et je crois entendre des murmures et des sons électriques de l'autre côté du mur. Je crois qu'ils se penchent désormais sur mon épaule, comme des anges déchus ou des fantômes. Et ce n'est rien de dire que le sang frais de ce lieu se voit menacé d'ores et déjà d'un crime microbiologique… Le jour précis de son premier anniversaire, le blog du correspondancier est donc menacé —tel un récif corallien près les côtes australiennes— par un immodéré et immérité retour à la fiction, au papier, aux savanes d'encres, aux savantes ratures et aux mille et uns cafés. Il y a désormais un grand péril de déperdition uni-globale de diversité biologique en germe parmi ces lignes, et mes stocks de résistance diminuent à vue d'œil comme ce silence grandit. Nul ne peut dire si quelque prurit électronique fils de l'addiction et de la désinvolture ne me forceront pas la main dans le sens d'épisodiques retours ? Comment savoir. Le pire n'est pas toujours sûr. Néanmoins, ma voix ne sera longue que dans le désert blanc, et je ne peux laisser pour l'instant qu'un souci d'explorateur à mes fidèles lecteurs. Acceptez donc parmi mes remerciements sincères, cet indéfinitif claquement de porte, et les modestes clics spatio-temporels qui vont avec. À bientôt donc, ici ou là…
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dimanche 4 janvier 2009
POLAROÏD N°1
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